Mister Twitter

D'envies à non-vie, il n'y a qu'un pas.

Déraciné

Je n’avais jamais vraiment compris la sensation que ressentent certaines personnes, parties de leur région natale.
Je l’ai compris ce week-end, lors de mon bref retour dans ma famille, où j’ai pu profiter de mes parents, frères et amis. Un retour bien trop furtif.

Arrivé en pleine nuit, je savais encore exactement ce à quoi correspondait chaque lumière de ma campagne. Je connaissais chacun des virages, la façon dont les prendre, ce que j’allais y trouver après. Je connaissais chaque maison. Je connaissais.

En traversant mon village, je me suis rendu compte de la construction d’un lotissement en plein centre. Lorsque j’en suis parti, début janvier, seules 3 maisons étaient sorties de terre. Je savais que ça allait se passer, mais je ne m’attendais pas à un tel choc.
Une fois le virage passé, j’ai eu le déplaisir de découvrir 49 maisons, là où s’étendaient 3 hectares de vigne. J’ai senti des larmes monter. Mon père m’a regardé et m’a lâché un « Oui ». Ce genre de « Oui » dont tu te souviendras toute ta vie.
Pour lui c’est sûrement plus dur, il a grandi dans la maison qui jouxte ce nouveau lotissement.

Ces terrains, à 300 m de chez moi, j’y jouais avec mes copains quand j’étais petit. On descendait les rangs de vigne à fond, en vélo, pour pouvoir sauter un petit fossé, tout au bout. On se sentait grands, fort et puissants car on traversait notre fossé, de 30 cm de large. On décollait de 40cm du sol. Et on devait freiner de toute urgence pour éviter de nous prendre le mur 10 m plus loin.

Ces souvenirs d’enfance sont toujours là mais les lieux où tout se passait sont à jamais modifiés.
Alors, je ne me suis plus senti vraiment chez moi.

Pourtant, dans l’absolu, tout est pareil. Dans l’absolu seulement, car dans le fond… Qu’est-ce qui a changé ?

J’ai juste bientôt 30 ans. J’ai passé 20 ans de ma vie dans ce village de 600 habitants, 1200 depuis 2 ans.
J’ai pris un chemin qui ne me plaît pas, pour les mauvaises raisons, en plus. Mais ce chemin, qui ne me correspond plus, ne m’a sûrement jamais correspondu. J’ai pris la mauvaise direction voilà 10 ans. Mais, cette fois, j’ai voulu oublier.
J’ai voulu oublier plein de choses qui me pourrissaient l’existence. J’ai répété ce que ma mère avait fait et je le regrette. Un jour, elle m’avait dit « Si j’avais su, je ne serais jamais partie de Normandie. Heureusement que je vous ai vous 3, et ton père ». Maintenant, il ne reste plus que mon père. Le « nous 3″ se résume à 3 fils qui sont partis se promener à travers la France, et le monde pour l’un de mes frères.

Je vous parlais de ce sentiment de déracinement que je ne comprenais pas vraiment. Ma mère l’a ressenti, a pleuré chaque fois que l’on partait de chez mes grands-parents en Normandie. Je comprenais pas, j’étais jeune. Ca me faisait de la peine sans savoir vraiment de quoi il retournait.
15 ans plus tard, je sais exactement de quoi il retourne. Le pire, c’est qu’à chaque fois que je pars, maintenant, c’est à cause de moi que ma mère pleure, car je lui fais subir exactement ce qu’elle a fait subir à ses parents. J’imagine que mes grands-parents pleuraient aussi une fois que nous étions partis, car ils savaient que leur fille ne reviendrait pas avant 6 longs mois. Malheureusement, je ne peux plus leur demander.
Quoi qu’il en soit, je sais ce que ressentais ma mère, et je sais aussi ce qu’elle ressent maintenant. Déracinée de ses racines, puis ses fils qui ont pris la même chemin qu’elle.

Bon, je pleure. Je n’ai pas les idées claires. Le retour a été malgré tout violent. 3h de train pour cette ville dans laquelle je ne me sens pas chez moi.

En rentrant chez moi, j’ai eu besoin de faire le tour de la maison pour voir ce qui avait changé. Rien, au final. Rien du tout, hormis mes parents qui vieillissent seuls, dans leur coin, sans que je puisse les aider quand ils en ont besoin, sans que je puisse aider lorsque ma mère, handicapée d’un bras depuis un an, se retrouve dans des situations inconfortables.
J’ai abandonné la personne que j’aime le plus au monde pour aller mieux.

Au final, je vais mieux, oui, dans un sens. Je ne pense plus autant à lui. Disons que j’y pense différemment. Je découvre plein de trucs, aussi.

Mais je sens que ce que j’ai fait me bouffe.

Ceux qui doivent me trouver lourd de me lire me plaindre sans cesse sur le fait que je ne me sente pas vraiment à l’aise dans cette nouvelle ville ne comprennent pas, jugent. Je les emmerde, je n’ai rien à leur prouver. Je n’ai rien à prouver à qui que ce soit, si ce n’est moi. Si ce n’est ma famille. Si ce n’est mes amis, mes vrais amis, ceux que je connais depuis que j’ai 15 ans.

Je suis parti sur un coup de tête et je n’avais pas mesuré tout ce que déménager, tout ce que tout quitter engendrerait.

Mes amis… j’ai été juste heureux de les voir. Heureux comme je ne l’avais pas été depuis des mois. J’ai pu leur parler. J’ai pu voir le fils de mon meilleur pote. J’ai pu participer à leur vie, à ma vie. Mon corps est ici, mon coeur aussi, parfois. Mais la plupart du temps, il est 300 km plus au nord, dans cette campagne que j’aimais tant.
Dans cette campagne que je vais tenter de rejoindre rapidement.

Ma vie n’est pas à Montpellier. Elle ne le sera jamais. J’ai fait une erreur, je ne l’assume pas. Je vais donc revenir sur mes pas.

Je te dédie cet article, à toi. Et à toi, maman. A toi, Papa. A vous, mes deux frères. A Cyril et Simon. A mes amis, Cyril, Alexia, Guillaume, Elodie, Estelle, Bruno, Sophie, JP, Tioul,Romain, Vivien, JB, Cécile, et les autres. A leurs parents aussi qui m’ont tous dit un truc du genre « On est tristes de ne plus de te voir, tu nous manques. Quand tu reviens, passe-nous faire un coucou ». Ainsi qu’à Marine, avec qui les soirées en tête à tête me manquent énormément.

Une chanson en passant : Heartbeats, Jose Gonzales

Il est des notes de musique qui, dès qu’elles commencent à résonner, te ramènent à des sentiments, des sensations, des situations, bref des souvenirs, que tu as vécu à un instant T.

Heartbeats, de Jose Gonzales, fait partie de ces chansons qui sont capables de faire couler mes larmes en un rien de temps.

Ces chansons sont nombreuses. Je vous les fait découvrir depuis quelques temps. Toutes ont une signification particulière pour moi. J’associerai donc chacune d’elles à un souvenir. Non pas par exhibitionnisme mais parce que j’ai besoin d’avancer, donc de revenir en arrière. Oui, c’est bizarre.

Hearts, de Gonzales, me ramène à deux personnes avec qui j’ai passé de très bons moments. Deux personnes que j’ai considérées comme mes meilleurs amis, mais la vie fait que l’on s’éloigne. Cette chanson me ramène à des discussions, en pause de midi, allongé dans l’herbe à nous interroger sur le sens de la vie et le sens de notre rencontre. Cette chanson me ramène à cette période trouble, où j’ai commencé à reprendre confiance en moi, avant de la perdre de nouveau.
Cette chanson me ramène à l’une de mes innombrables vies, personnalités.

Le jour où mes yeux se sont ouverts

Un jour, j’ai ouvert les yeux. J’ai compris beaucoup de choses sans en saisir la teneur parfaite.
J’ai compris que j’étais celui qui me créait mes propres problèmes, que j’étais celui à cause de qui des obstacles se dressaient constamment devant moi.

Un jour, j’ai ouvert les yeux. Ce jour est à marquer d’une pierre blanche.

Ce jour, c’est aujourd’hui.

Demain, j’ai 28 ans et 3 mois. Je viens de naître.

Pour tomber dans le cliché

Je dédie cet article @poupeebarbu

La plupart du temps

Je n’aime pas mon nouveau taf, la plupart du temps.

Je n’aime pas ma nouvelle vie, la plupart du temps.

J’ai envie de revenir en arrière, la plupart du temps.

Je retombe dans mes anciens travers, la plupart du temps.

Je pense à lui, la plupart du temps.

La plupart du temps, c’est dur. Mais aujourd’hui, c’est encore plus dur.
Mon téléphone a décidé de me faire une blague pendant la nuit : j’ai perdu toutes les données, tous les messages échangés avec tout le monde, depuis que j’ai ledit téléphone. Ceux auxquels je tenais le plus étaient forcément les siens. Je n’en ai que des souvenirs vagues.
Ces textos étaient ma manière à moi de rester proche de lui, vu que les souvenirs de la journée que nous avons passée ensemble sont déjà loin et très flous. C’était pour moi l’un des derniers trucs qui me restait pour savoir que ce qui s’était passé était réel.
Je ne les lisais pas, jamais. Au contraire, je faisais tout pour les éviter mais ils étaient avec moi, tout le temps, et c’était ma manière à moi de l’avoir toujours auprès de moi. Depuis que je me suis réveillé, il ne me reste rien que son numéro. Ce numéro que je pense à composer souvent. Mais pourquoi le ferais-je si ce n’est par égoïsme. Et je ne veux pas être égoïste. Quoi que je l’ai été en coupant les ponts avec lui.

Le déménagement et mon installation m’avaient temporairement éloignés de lui. Mes pensées étaient complètement occupées par autre chose. Mais depuis quelques jours, il me revient en tête. Ça peut paraître complètement con, ridicule et immature. Pathétique aussi. Toutefois, je ne parviens pas à l’oublier.

Et puis au fond, je sais que je ne pourrais jamais l’oublier.

Comme mon meilleur pote me l’a dit à plusieurs reprises, « certaines personnes marquent plus que d’autres ».

Je ne tombe pas amoureux… la plupart du temps.


Archive – Again par conscience-tranquille

 

Finalement, j’ai de quoi être aigri (partie émergée de l’iceberg)

Je suis énervé. Et aigri selon de plus en plus de monde. Mais comment ne pas l’être, en toute honnêteté, avec toutes les conneries qui me tombent sur le coin de la gueule depuis plusieurs mois ?


Je vous dois la fin de cette histoire. Je m’étais promis que je ne la narrerai pas, mais finalement ça me fera peut-être du bien. Et puis je vous dois vraiment la fin de cette histoire.

Je ne rentrerai pas dans les détails pour qu’il ne soit pas reconnu… car connu, par mes lecteurs et followers, il l’est.
Je ne rentrerai pas dans des détails qui de toute manière ne vous regarde pas vraiment, ne me regardent même pas, vraiment.

J’ai donc écrit cet article puis, lui ai demandé de le lire. Je voulais qu’il sache ce que je ressentais. Je devais lui faire comprendre ce qu’il m’avait fait. Ce que nous nous étions fait, à deux. J’avais besoin de savoir s’il ressentait, au moins un peu, la même chose.
Cet article, il l’a lu. Il n’a pas forcément apprécié et on peut le comprendre aisément. Il l’a trouvé impartial et injuste. Je ne comprends toujours pas pourquoi injuste. J’ai déroulé les faits comme ils se sont passés, sans les altérer une seule fois.
Il pensait que je voulais lui dire Adieu, mais ce n’était pas le cas. Il m’a forcé à le faire, en quelque sorte, en se cloîtrant dans des silences qui m’ont énervés. Je l’ai fait, d’une manière qui m’a littéralement fait vomir. Je perdais une partie de moi. Je l’ai fait parce qu’il m’avait suggéré « je suppose que, maintenant, je vais disparaître ». Le problème, c’est qu’ il ne semblait pas tolérer que je le raye de ma vie. Il me l’a fait sentir par quelques textos bien acerbes.

Je passe un entretien dans une ville du Sud. Il m’a boosté sans le savoir.

Quelques jours défilent sans nouvelle de sa part. Je lui propose quand même de venir à Paris pour pouvoir mettre tout à plat. Je ne reçois toujours pas de réponse.

Une nuit, je reçois un texto dans lequel il s’excuse. Il s’excuse pour tout, y compris de m’avoir laissé croire qu’il aurait pu être disponible, de m’avoir fait du mal, de ne pas s’être freiné alors qu’il le devait. Sur le coup, je ne comprends pas trop mais je le pardonne bien volontiers. Au moins, les choses étaient mises à plat. C’était ce dont j’avais besoin, je crois. Mais l’histoire ne s’arrête pas là.

Le lendemain, j’apprends la nouvelle. Je pense avoir été l’un des seuls à avoir été mis dans la confidence : le coup de grâce, toujours par texto : « Je me pacse demain matin ». Je n’ai pas su quoi répondre d’autre que « Tu seras heureux, hein ? » Impossible de le féliciter. Comment le féliciter alors qu’un mois plus tôt, il me proposait presque sérieusement de vendre son appart’ pour nous installer ensemble ?
La sensation d’avoir été pris pour un con a commencé à s’insinuer dans mes certitudes. Sur le moment, je ne doute pas de la sincérité de ses déclarations. Je doute qu’il soit en train de faire une connerie. Je suis sûrement pathétique de dire ça, mais je l’ai pensé, vraiment.
Et je me suis questionné de nombreuses heures au sujet d’un truc que je ne révèlerai pas. J’ai même emmerdé 5 personnes à ce sujet. Heureusement, j’ai de bons conseillers, surtout un, et ça m’a, en outre, permis de renouer avec quelqu’un qui comptait beaucoup pour moi.
Je me suis quand même renseigné sur un point : pour une demande de PACS, il faut plusieurs mois d’attente (3 minimum, pour être exact). J’imagine qu’en plein centre de Paris, le temps d’attente est encore plus long.

Vous voyez exactement où je veux en venir : pendant notre amourette platonique, il savait qu’il allait se Pacser quelques semaines plus tard.
Vous ne voyez sûrement pas ce que je vois : s’il m’a envoyé ce texto d’excuses, c’est seulement pour se donner bonne conscience. Son mari est-il seulement au courant de ce qui s’est passé ?

Finalement, pour cette sensation d’avoir été pris pour un con, je ne le pardonne pas. J’espère qu’il vivra avec le poids des mots qu’il a écrits, dont j’ai toujours la preuve, dont j’ai fait de nombreuses copies d’écran tellement c’était improbable. Un jour, ces dossiers ressortiront.

Mister Twitter - Sisteron et la tour Formidable

Je lui ai envoyé un texto, 1 minute avant qu’il ne se pacse, pour lui dire que j’avais une pensée pour lui. Cette pensée ne m’a jamais quitté depuis lors.

J’ai été pris à cet entretien, sur 1.200 candidats. Je change de vie, de ville. La ville qu’il déteste.

Je n’ai plus la moindre nouvelle.

Je rêve à lui toutes les nuits : je lui cours après, il m’échappe d’un rien. Je le regarde s’éloigner alors qu’il reste sur le quai d’une gare.

J’ai banni de nombreux mots de mon vocabulaire. Je n’ai pas prononcé le mot Formidable depuis plusieurs semaines. Je n’ai pas regardé cette photo depuis le même laps de temps.

Je suis aigri. J’ai de quoi.

Finalement je n’y ai rien gagné.

Imaginez-vous derrière votre écran, assis tranquillement à lire votre Timeline. Une occupation ordinaire pour nombre de personnes.

J’étais donc derrière mon écran, assis tranquillement à lire ma Timeline.

Ce jour-là, un de tes following mentionne quelqu’un que tu ne connais pas ; il le flatte sur son physique. Par curiosité, comme souvent quand ce cas de figure se présente, tu vas voir.
Souvent, tu te dis « Heu non merci, c’est pas mon style ». De temps en temps, tu te dis que « Oui, effectivement, il est pas moche ». Et une fois sur jamais, tu te dis « Merde. Oui il est beau mais il a un truc en plus ».

J’ai vécu cette fois sur jamais.

Tu le sais car tu lis dans les yeux des gens ; tu le sais car tu as ce don qui te permet de scanner les gens grâce à leur regard : c’est d’ailleurs pour ça que tu n’aimes pas les gens qui cachent leurs yeux. C’est d’ailleurs pour ça que tu n’aimes pas qu’on voit tes yeux, car tu sais ce dont tu es capable. Tu as peur que quelqu’un puisse lire en toi comme dans un livre ouvert, comme je le fais avec tout le monde sans pouvoir le contrôler.
Tu le sais : il a ce truc en plus.

Innocemment, ou non car tu te dis que « jamais quelqu’un dans ce genre te répondra mais qui ne tente rien n’a rien », tu lui balances une vanne. Il te répond un truc drôle. Dans les quelques secondes qui suivent, tu reçois un DM « On va p’tet passer en privé, les gens risquent de se lasser de ce genre de conversations ». Tu es surpris mais en même temps curieux. Si tu fouilles bien, tu es à deux doigts de frôler l’excitation. Cette curiosité va aller grandissante.
En une journée, tu échanges plus de 100 DM et de nombreux textos. A la fin de la journée, tu ne comprends pas vraiment ce qui se passe mais tu es encore plus curieux. Et puis en plus, cette fois, tu es véritablement excité.
A la fin de cette journée, tu te dis : « Merde, j’ai l’impression que c’est évident ».

Un pacte : « on va dire qu’on n’aura jamais de secrets l’un pour l’autre ».

Certains mots commencent rapidement à nous échapper à l’un comme à l’autre. « Chouette » ou « points de chouettitude » d’un coté, « Formidable » de l’autre.
Puis tu apprends que le monsieur a un copain. Étrangement, tu choisis de ne pas freiner le truc parce que tu le sais finalement, et lui aussi : « c’est évident ». D’ailleurs, tu lui dis clairement que c’est évident, juste pour te rassurer et savoir ce que pense l’autre. Il pense comme toi.

Fait exprès, tu dois te rendre dans la ville dudit monsieur très prochainement.
Au début, tu refuses de le voir car la date est chargée d’émotions liées à un évènement tragique. Puis, tu te dis que, oui, cette année, ce 5 novembre aura un autre goût que celui des larmes et du souvenir.
Tu acceptes de le voir pour un café. Dans la foulée, tu apprends que son mec est absent pour tout le week-end : tu acceptes de le voir toute la journée où tu es disponible. Puis très rapidement, tu veux le voir la journée du lendemain (où tu annules tout ce que tu avais prévu). Tu finis même par accepter de rester une journée de plus parce que c’est lui, que c’est évident et logique de le faire.
Et lui te répète sans cesse « J’ai cent façons romantiques de définir ce week-end. Mais la plus logique est celle-ci : ce week-end, je passe un week-end évident ».
Tu pleures car tu as attendu toute ta vie qu’un truc comme ça t’arrive.

Tout colle. Même les petits inconvénients habituels, les trucs qui pourraient se mettre en travers de ta route pour que tout se déroule bien, semblent ne pas vouloir pointer le bout de leur nez.

Le temps te semble long, tu comptes les jours. Lui aussi.
Tu commences forcément à douter : il te rassure en te te disant les plus belles choses que l’on t’a jamais dites. Tu pleures parce que tu es heureux. Tu ne connais même pas la personne physiquement mais tu le sais : c’est lui. « Tu es dans [ses] rêves, dans [sa] tête et [il] n’a aucune envie de t’en faire sortir même [s'il] n’est pas aussi disponible [qu'il] le souhaiterait en ce moment, pour toi ».
Il se met à douter. Tu lui dis les plus belles choses que tu n’as jamais dites… Il en a les larmes aux yeux.
Tu lui dis de te parler de ses doutes car finalement, c’est toi qui le fous dans une situation impossible à gérer. Tu lui répètes que tu ne pourras pas tolérer de lui faire du mal car il est trop exceptionnel, qu’il doit donc tout t’expliquer, y compris ses doutes par rapport à son mec.
Tu le mets en confiance non pas par calcul mais pas nécessité pour que la relation puisse démarrer sur des bases saines. Tu prends sur toi autant que lui doit prendre sur lui au quotidien. Tu le vis bien car c’est pour que cette relation avance dans le bon sens.

Puis vient le moment de la rencontre. Je ne reviendrai pas dessus pour l’avoir déjà racontée une fois. J’avais tout à y gagner. Lui avait tout à y perdre.

Le samedi soir tu pleures quand même, car tu avais prévu une soirée, lui s’en étant allé de son côté (alors que le plan était de passer la soirée ensemble). Cette fois, tu pleures de tristesse. Le dimanche, tu es morose et tu ne comprends pas. Le lundi, tu es tout seul et tu vas prendre ton TGV, seul.

L’atmosphère a changé mais tu ne comprends pas pourquoi. Dans le TGV de retour juste avant qu’il ne démarre car tu as espéré jusqu’au dernier moment qu’il vienne te rejoindre pour te prendre dans ses bras, tu envoies un texto puisqu’il ne te reste plus que ça.
En substance, le texto le remercie, lui demande de te pardonner pour ce que tu as pu faire qui lui aurait déplu, lui dit que tu aurais préféré lui dire au revoir autrement que par texto et lui rappelle que tout ce qui a été échangé te restera en tête toute ta vie car c’était sincère, bien plus que ce que la morale ne l’inculquait.
Tu ne reçois pas de réponse convenable, tu commences à te dire que tu vas devoir l’oublier et que le rêve est bel et bien fini.

Puis, 2 jours passent et tu te rends compte que ça te manque. Que ces échanges te manquent. Tu reprends contact en lui disant que tout ceci te manque. Tu te rends compte que c’est lui qui te manque. Visiblement ça lui manque aussi mais les échanges restent froids.

Tu tentes de reprendre contact en t’appuyant sur le cadeau qu’il t’a fait, sur celui que tu lui as fait. Les échanges restent froids, parfois il n’y a plus d’échanges du tout. A l’inverse, parfois tu te dis que c’est en train de reprendre car il y a un message derrière le message qu’il vient de t’envoyer. Un message que seuls lui et toi pouvez comprendre.
Tu es censé l’appeler pour parler mais il ne décroche pas. Il ne te rappelle pas non plus et te laisse dans l’attente.

Une dizaine de jours se passent.
Tu prends des décisions qui te semblent rationnelles mais qui ne le sont pas du tout. Tu regrettes ces décisions, le silence que tu infliges à des personnes qui te fatiguent mais que tu apprécies. Puis finalement tu te dis que revenir en arrière ne résout rien et tu te mets à détester des personnes qui n’y sont pour rien. C’est beaucoup plus simple de faire ses nerfs sur des gens qui n’y sont pour rien. Mais tu ne veux plus avoir de leurs nouvelles car elles t’étouffent. Bref, tu prends des décisions irrationnelles.

Tu commences à saturer de ne pas comprendre : tu lui demandes enfin une explication.

Cette explication te satisfait quelques jours car flatteuse : « tu m’as permis de rêver, j’en avais besoin. Tu es quelqu’un de vraiment formidable, etc. Le dimanche, on s’est loupés, nous avons été bêtes. C’est un acte manqué, blablablabla. Tu m’as permis de me rendre compte de ce qui n’allait pas avec mon mec. »
Bref, tu crois comprendre le truc et tu te dis, finalement, qu’il y a toujours un léger espoir.
Et puis finalement, tu comprends que tu n’as rien compris  et qu’il s’est remis avec son mec pour de vrai grâce à quelques mots qui font très mal.

Tu ne comprends pas : tu as toujours en tête la totalité des choses qui se sont échangées. Tu sais la sincérité avec laquelle ça s’est fait.

Tu te rends compte que tu es tombé amoureux cette personne formidable, de cette personne unique.

Tu te rends compte que tu es pathétique.

Tu te sens seul car tu es seul. Tu te sens seul et tu te rends compte que tu le seras encore pour très longtemps car tu ne pourras pas l’oublier. Tu te sens seul car tu te rends compte que tu es tombé amoureux de quelqu’un qui n’aurait pas dû te résister. Tu te sens seul car tu sais que la personne qui était faite pour toi est en train de renier tout ce en quoi elle croit.
Tu te sens seul car finalement, même si tu n’avais rien au départ, tu n’as rien gagné.

Tu as même tout perdu.

Dans l’impossibilité de

J’ai envie d’écrire mais, comme pour tous mes besoins et envies du moment, je suis totalement incapable de les assouvir. Non, je ne parle pas que de cul. Loin de là, même.

La seule chose que je retiens de ce dernier mois passé : arrêter d’être crédule.

Je n’aurais même pas vu la Tour Eiffel

J’ai quelques images en tête.

Le visage d’une grand-mère ridée avec un chapeau blanc, surprise que je sorte aussi vite de mon hôtel et que je réussisse à éviter de la renverser.
Toi, de l’autre côté de cette place. Je t’ai reconnu de suite. Première fois que je posais mon regard sur toi.
Un mouvement de recul dû à la frayeur dans ce musée.
Des éclats de rire dans ce même musée.
Mon émerveillement face à une pièce.
Toi, sautillant sur place au milieu de cette foule pour essayer de me retrouver, après avoir croisé ton amie.
Toi, assis face à moi dans ce café.
Moi, assis dans le métro sans savoir pourquoi ni comment. Je ne savais pas que je venais de poser mon regard sur toi, pour la dernière fois, quelques instants plus tôt.

Ces images sont bien nettes. Elles le resteront sûrement encore très longtemps. Pour que le tableau soit parfait, j’ai des bruits qui résonnent en moi.

Un coup de fil, le premier.
Une chanson d’un jazzman, associée à la plus belle chose que l’on ne m’ait jamais écrite.
« Ahhh mais on est là?!! »
Des éclats de rire dans ce musée.
Des bruits des conversations que l’on a traversées.
Ce « A demain » qui n’a jamais été.

Ces bruits se mélangent tous pour ne plus former qu’un brouhaha, un imbroglio de sons dont je n’arrive même plus à distinguer une voix.

J’ai également quelques odeurs.

Celle, fétide et nauséabonde, de ce métro Parisien.
Celle, rance et presque gênante, de ma sueur tellement j’ai pu courir pour arriver au plus vite.
Celle, entêtante et exotique parfois, de ce Marché des Enfants Rouges.
Celle, amère mais agréable, d’un authentique café parisien, où, assis en face de toi, je t’ai écouté parler de ta passion.
Celle, réconfortante, de cette chambre d’hôtel sans âme.

Elles ont disparu et ne sont même plus des souvenirs.

Dans tout ça, je n’aurais même pas vu la Tour Eiffel.

Paris : je n'aurais même pas vu la Tour Eiffel - Mister Twitter

Je crois que ce sera un très beau moment

Non, finalement je suis sûr que ce moment sera l’un des plus beaux de ma vie.

Ce jour-là, nous aurons passé une journée en randonnée dans ta montagne, cette montagne qui me fait rêver. Celle-là même qui t’appelle, maintenant et depuis quelques années, à chacun des battements de ton cœur.
Nous aurons marché sans trop parler : à ce stade, nous n’aurons plus besoin d’ouvrir la bouche pour savoir ce que pense l’autre, savoir ce qu’il ressent.
Nous nous serons arrêtés sur les bords d’un petit torrent. La fonte des neiges sur les hauts sommets, à quelques dizaines de kilomètres de là, aura récemment redonné de la vigueur à ces cours d’eau qui ruissellent en chantonnant gaiement. On aura échangé quelques mots, ri. Puis nous nous serons tus, un long moment, en admirant la vue tout en savourant ce calme dont on ne se lassera jamais. Tu me caresseras la main avant de reprendre la marche.
En rentrant, nous aurons croisé des touristes avec qui nous aurons ri. Ils ont eu affreusement peur en traversant la forêt, à quelques kilomètres en contre-bas. Ils ont cru, un instant, qu’un ours les poursuivait. Nous le savons bien, nous : les ours ne courent plus depuis des années dans ces contrées.

Nous sommes rentrés dans cette petite maison, excentrée de ce petit village.

En sortant de ma douche, je te trouverai dans le salon, le regard lointain. Tu auras fait un feu dans la cheminée et mis à réchauffer très doucement l’osso bucco de la veille. Tu auras mis un morceau de jazz, comme souvent, et je devinerai une larme au coin de ton œil, comme souvent lorsque tu écoutes ce morceau.
Tu te lèveras et tu iras chercher cet instrument. Puis tu te mettras à jouer.

Ce jour sera formidable.

ce sera le plus beau jour de ma vie - mister twitter

Casez Spooner – Faye Dunaway